ABÉCÉDAIRE FORMATIONS
L’abondement du compte personnel de formation (CPF) est un mécanisme de financement complémentaire qui vient s’ajouter aux droits déjà disponibles sur le compte d’un salarié, d’un demandeur d’emploi ou d’un indépendant, lorsque le montant accumulé ne suffit pas à couvrir le coût total d’une formation. Concrètement, chaque titulaire d’un CPF accumule des droits chaque année, plafonnés à un certain montant. Or de nombreuses formations qualifiantes ou certifiantes, notamment celles menant à un titre professionnel ou à une certification inscrite au Répertoire National des Certifications Professionnelles ou au Répertoire Spécifique, coûtent plus cher que les droits mobilisables sur le compte. C’est précisément pour combler cet écart, appelé reste à charge, que l’abondement existe.
Plusieurs acteurs peuvent participer à un abondement, chacun selon sa propre logique et ses propres critères. L’employeur peut, de sa propre initiative ou dans le cadre d’un accord collectif, verser une dotation volontaire sur le compte de l’un de ses salariés via une plateforme dédiée. Cette contribution peut être libre ou, depuis les évolutions réglementaires les plus récentes, ciblée sur une certification précise avec une durée de validité déterminée, ce qui permet à l’entreprise d’orienter le financement vers les compétences dont elle a réellement besoin.
France Travail peut également étudier une demande de financement complémentaire pour les demandeurs d’emploi, à condition que la formation visée s’inscrive de manière cohérente dans le projet professionnel de la personne accompagnée. De leur côté, les opérateurs de compétences et les branches professionnelles mettent en place, pour certains métiers ou certains publics prioritaires, des règles de cofinancement qui viennent soutenir des parcours jugés stratégiques pour le secteur. Les conseils régionaux peuvent, eux aussi, proposer des abondements ciblés en fonction de leurs priorités économiques et territoriales, par exemple pour favoriser l’accès à des métiers en tension sur un bassin d’emploi donné.
Enfin, le titulaire du compte peut lui-même compléter le financement de sa poche, notamment pour couvrir la participation forfaitaire désormais demandée à chaque mobilisation du CPF, sauf situations d’exonération prévues par les textes. Cette participation, mise en place pour responsabiliser les usagers dans le choix de leurs formations, s’ajoute au reste à charge éventuel si les droits disponibles et les abondements obtenus ne suffisent toujours pas.
Dans la pratique, la démarche pour bénéficier d’un abondement suit généralement plusieurs étapes. Il convient d’abord de vérifier que la formation visée est bien éligible au CPF, c’est-à-dire qu’elle figure parmi les formations certifiantes reconnues. Il faut ensuite consulter le montant de ses droits disponibles sur son compte personnel. Si ce montant ne couvre pas l’intégralité du coût, il est nécessaire d’identifier le financeur le plus pertinent au regard de sa situation : employeur, France Travail, OPCO ou région selon les cas. Une fois l’interlocuteur identifié, il est indispensable d’obtenir un accord de financement avant de valider son inscription à la formation, afin d’éviter toute mauvaise surprise. Enfin, il est recommandé de vérifier le reste à payer final une fois tous les financements confirmés.
Il est important de garder à l’esprit que l’abondement n’est jamais automatique. Son obtention dépend du statut de la personne, salarié, demandeur d’emploi ou indépendant, de la nature du projet professionnel, de la certification visée et des budgets disponibles chez les différents financeurs à un moment donné. Se faire accompagner par un conseiller en évolution professionnelle ou par l’organisme de formation peut faciliter l’identification des dispositifs d’abondement mobilisables et sécuriser le montage financier du projet.
