ABÉCÉDAIRE EMPLOIS
← Retour à l'Abécédaire Emplois
La journée de solidarité désigne une journée de travail supplémentaire, non rémunérée pour le salarié, instaurée en France pour financer des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Concrètement, chaque salarié travaille sept heures de plus dans l’année sans salaire additionnel, tandis que l’employeur verse en contrepartie une contribution spécifique, la contribution solidarité autonomie, calculée sur la masse salariale globale de l’entreprise et reversée à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie.
Pour un demandeur d’emploi ou un salarié récemment embauché, il est important de comprendre que les modalités concrètes de cette journée varient fortement d’une entreprise à l’autre : elle peut correspondre au travail du lundi de Pentecôte, traditionnellement férié, à la suppression d’un jour de réduction du temps de travail (RTT), ou encore à toute autre modalité fixée par accord d’entreprise ou de branche, voire, à défaut d’accord, décidée unilatéralement par l’employeur après consultation du comité social et économique de l’entreprise.
Cette diversité de mise en œuvre justifie qu’un candidat se renseigne précisément, lors de l’entretien d’embauche ou à la lecture de son contrat de travail, sur les modalités retenues par l’entreprise pour cette journée de solidarité : certaines organisations la fractionnent en plusieurs demi-journées réparties sur l’année, tandis que d’autres la concentrent sur une date fixe, ce qui peut avoir un impact concret sur l’organisation personnelle du salarié tout au long de l’année civile.
Pour les salariés à temps partiel, la durée de la journée de solidarité est proratisée en fonction de leur temps de travail contractuel, ce qui signifie qu’elle représente pour eux un nombre d’heures inférieur à sept heures, calculé proportionnellement à leur quotité de travail habituelle par rapport à un salarié à temps plein occupant un poste équivalent.
Il est également utile de savoir qu’un salarié ne peut, en principe, effectuer qu’une seule journée de solidarité par année civile, même s’il change d’employeur en cours d’année : dans une telle situation, il doit être en mesure de justifier auprès de son nouvel employeur qu’il a déjà accompli cette journée chez un précédent employeur au cours de la même année, afin d’éviter d’effectuer cette contribution à deux reprises sur une même période.
Cette information mérite d’être conservée et communiquée sans attendre par tout salarié changeant de poste en cours d’année, notamment via une attestation ou un simple justificatif transmis par l’employeur précédent, afin de sécuriser sa situation administrative et d’éviter tout litige ultérieur sur ce point spécifique et parfois méconnu du droit du travail.
Il peut également être utile, pour un candidat en cours de négociation d’un poste, de demander explicitement au recruteur comment la journée de solidarité est organisée dans l’entreprise, cette question simple révélant souvent des informations complémentaires sur l’organisation du temps de travail et sur la politique sociale globale pratiquée par l’employeur envisagé.
En définitive, bien que la journée de solidarité représente une contrainte modeste à l’échelle individuelle, sa bonne compréhension permet à tout salarié d’anticiper son organisation annuelle, de vérifier la conformité des pratiques de son employeur, et de faire valoir ses droits en cas de changement d’emploi en cours d’année.
