Licenciement pour faute

ABÉCÉDAIRE EMPLOIS

← Retour à l'Abécédaire Emplois

Le licenciement pour faute désigne la rupture du contrat de travail décidée par l’employeur en raison d’un manquement du salarié à ses obligations professionnelles ou contractuelles. Le droit du travail distingue plusieurs degrés de gravité de la faute : la faute simple, la faute grave, qui rend impossible le maintien du salarié dans l’entreprise même pendant la durée du préavis, et la faute lourde, qui suppose en outre une intention de nuire à l’employeur ou à l’entreprise.

Pour un salarié confronté à une procédure de licenciement pour faute, il est essentiel de bien comprendre les conséquences concrètes attachées à chaque degré de gravité retenu : une faute simple ouvre droit au préavis et à l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, tandis qu’une faute grave ou lourde prive en principe le salarié de ces deux éléments, ce qui rend d’autant plus important de vérifier la réalité et la proportionnalité des faits reprochés par l’employeur.

La procédure de licenciement pour faute impose à l’employeur le respect d’étapes précises : convocation écrite à un entretien préalable mentionnant l’objet de la convocation, tenue effective de cet entretien au cours duquel le salarié peut se faire assister par une personne de son choix, puis notification du licenciement par lettre recommandée motivée, respectant un délai minimal après l’entretien préalable fixé par le code du travail.

Un salarié qui conteste la réalité ou la gravité des faits qui lui sont reprochés dispose de la possibilité de saisir le conseil de prud’hommes afin de faire requalifier le licenciement, voire de le faire juger sans cause réelle et sérieuse si les motifs invoqués par l’employeur sont jugés insuffisamment établis ou disproportionnés au regard des faits reprochés et du parcours antérieur du salarié dans l’entreprise.

Pour un demandeur d’emploi ayant fait l’objet d’un licenciement pour faute, il convient d’être particulièrement vigilant sur les conséquences en matière d’indemnisation chômage : si un licenciement pour faute simple ouvre en principe normalement droit à l’allocation chômage, il est recommandé de vérifier précisément sa situation auprès de France Travail dès la fin du contrat, afin de sécuriser rapidement ses droits et d’anticiper les démarches nécessaires.

Lors d’un futur entretien d’embauche, un candidat ayant vécu ce type de rupture peut, s’il le juge utile, préparer une explication mesurée et factuelle de son départ, en insistant davantage sur les enseignements tirés de cette expérience et sur son projet professionnel actuel que sur les circonstances précises du litige avec son ancien employeur.

En définitive, bien connaître les règles encadrant le licenciement pour faute permet à tout salarié de mieux faire valoir ses droits en cas de contestation, de sécuriser sa situation financière et administrative, et d’aborder plus sereinement la suite de son parcours professionnel après une rupture de ce type.